Les jeunes doivent être vigilants
Enseigants et bibliothécaires appelés à «se mettre à niveau».
Enseigants et bibliothécaires appelés à «se mettre à niveau». L'enfant commence à faire une distinction entre fiction et réalité entre 6 et 8 ans. Grâce aux Technologies de l'information et de communication (TIC), il est passé d'un mode de réception d'information traditionnel fermé à celui d'un système ouvert et exposé à un immense flux d'informations. Des spécialistes inquiets considèrent que ce nouvel environnement serait à l'origine d'une crise de l'autorité, qu'il véhiculerait de nouvelles valeurs synonymes de liberté tous azimuts, d'immédiateté et d'impatience. Et être parent aujourd'hui, c'est ne plus pouvoir exercer son rôle comme on pouvait le faire dans le passé. Face à cette nouvelle donne, dès leur jeune âge, les enfants doivent être éduqués à l'utilisation de l'information. «L'éducation aux médias consiste à repenser la façon de consommer l'information chez les jeunes. Il faut l'intégrer dès maintenant dans le cursus scolaire», a lancé Hait Hammou, professeur à la Faculté des lettres à l'Université Cadi Ayyad de Marrakech, lors de la conférence-débat «Education aux médias et à l'information : rôle des enseignants et bibliothécaires au 21e siècle». Une rencontre organisée dans le cadre de la Journée mondiale de la société de l'information célébrée le 17 mai par l'Unesco et la Fondation Mohammed VI pour la promotion des œuvres sociales de l'éducation-formation à Rabat. Face à la multiplication des sources d'information, chaînes de télévision, radios, téléphonie mobile, les observateurs alertent du danger que représentent les moteurs de recherches sur Internet qui seront les grands détenteurs de l'information, mais aussi de redoutables manipulateurs. Ainsi, l'éducation aux médias et à l'information, par le biais de laquelle les individus acquièrent les aptitudes à chercher, évaluer et utiliser l'information de manière efficace et éthique, développe des compétences de réflexion critique et acquiert des comportements d'apprentissage tout au long de la vie.Aujourd'hui, 80% de l'information est numérique. Dans ce monde virtuel, le métier des bibliothécaires va être bouleversé et son rôle sera déterminant. Pour répondre aux demandes des jeunes en matière de documentation, ils devront s'occuper du filtrage des contenus et de la bonne utilisation des réseaux sociaux: Facebook, Twitter, MySpace, etc. «Les bibliothécaires vont se transformer en médiateurs entre deux univers: utilisateurs et médias. Leur mission consisterait à identifier les sources et à procéder à leur tri pour en faire un bon usage», a noté Abdenbi Abid, expert en science de l'information et chargé de coordination du projet de la bibliothèque numérique mondiale. «Mais il est conseillé qu'avant d'entamer quoi que ce soit, il est nécessaire de réaliser un état des lieux des expériences entamées dans ce domaine», a rétorqué Jamal Eddine Naji, responsable de la Chaire Unesco en communication publique et communautaire à l'Institut supérieur de l'information de la communication (ISIC) à Rabat.Administration, entreprises et société civile sont en train d'immigrer vers le numérique avec risque d'être victimes de «délinquance informatique» telle que notamment le piratage des codes de cartes bancaires. Face à ces dérapages, le meilleur moyen est de former les citoyens à l'accès à une information neutre et crédible. «Nous devons contribuer à la compréhension du rôle des divers médias dans la formation à la citoyenneté. Cela passe par la capacité de chacun à évaluer les informations et leurs sources, tout en développant l'esprit critique », a souligné Sobhi Tawil, spécialiste du programme éducation à l'Unesco. Le concept de l'éducation à l'information est né aux Etats-Unis en 1989 et les Américains le traduisent par «initiation à la maîtrise de l'information ». En France, il est apparu en 1995 où il est traduit par «culture informationnelle». L'éducation à l'information fait partie du plan d'action de la 'Décennie d'alphabétisation (2003-2012)', lancée par l'Unesco dans le cadre de la promotion de la société de l'information. Le Maroc, qui accusait un retard numérique, occupait la 140e place sur 192 dans le classement e-gouvernement mondial. Pour remédier à ce retard, les pouvoirs publics ont lancé «Maroc Numeric 2013». Ce programme vise à connecter un foyer sur trois à l'horizon 2013 au lieu de 1 sur 10 en 2008. «Notre programme vise également la création de centres d'accès communautaires en faveur des zones rurales isolées et des quartiers défavorisés», a souligné Sidi Ali Maelainin, directeur de la transformation sociale au ministère de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies. -------------------------------------------Parents à l'ère du numérique
«Internet, c'est génial. C'est un magnifique outil de communication et d'apprentissage. On peut le comparer à une grande ville avec ses magasins, ses bibliothèques, ses cinémas, etc. On peut donc y trouver des infos sur tout, mais aussi rencontrer beaucoup de gens. Comme dans une grande ville, il y a des endroits et des gens qu'il vaut mieux éviter et beaucoup de situations qui appellent à la prudence et à la vigilance», indique le guide «Parentalité à l'ère du numérique», publié par l'Unesco. Voici quelques-uns de ses conseils. Sur Internet, tout enfant doit être vigilant et lorsqu'il a un doute, il doit en parler à un adulte de confiance. Par ailleurs, il ne doit en aucun cas donner d'informations personnelles (nom, adresse, numéro de téléphone) ou d'envoyer de photos à un inconnu. Les enfants sont appelés également à garder secrets leurs mots de passe, ne pas croire toutes les informations reçues, se méfier de ceux qui veulent en savoir trop et supprimer sans les ouvrir les mails envoyés par des inconnus. Les parents doivent conseiller à leur progéniture de ne rien acheter en ligne sauf en leur présence, de ne jamais accepter de rendez-vous et de quitter rapidement un site dont une image ou un contenu peut choquer.Source: LE Matin
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